Il faut détruire pour apprendre à faire l'amour

Il faut détruire pour faire l'amour

 

Il arrive un moment où ce qui nous semblait être le fondement même de notre vie doit être détruit.

Il arrive alors que dans cet instant, au milieu de ces ruines, remontent toutes vos peurs, vos angoisses, vos blessures.

Il arrive alors que vous n’en vouliez pas, que vous rejetiez tout ça, oui tout ça, tous ces restes, tout ce qui fut.

 Il arrive que devant ce tas de pierres, vos petites âmes endormies et ensevelies sous vos gravats de ce grand édifice que vous aviez érigé, deviennent des miroirs inquiétants de vous-même.

Et c’est ainsi que toute la vie prend un sens sacré, non pas celui des croyances mais bien celui de la profondeur même de son être. Nous sommes faits de ruines et de pierres à casser et à remettre en poussière pour mieux s’envoler en liberté.

 Cette profondeur pourtant nous fait pâlir, cette profondeur nous donne la nausée, le vertige, nous met du brouillard dans les yeux. On veut la cacher, on veut combler ce trou béant de l’âme.

Pourquoi ? Pour se sentir mieux, pour être en sécurité.

Cette profondeur si obscure que nous avons tellement tentée de cacher, se présente là devant nous en cet instant du rien, du presque rien anéanti. Ce rien de l’enfance, celle de nos blessures, celle de nos peurs enfouies. Celle qui nous a empêché de faire l'amour.

Ces vestiges du rien en apparence vous appelleront à creuser, à aller au cœur de votre abysse encore plus profondément.

Cela vous semblera incroyable de tant creuser et vous arriverez malgré tout à vous faufiler au milieu des roches cassées. Vous vous rendrez compte que cette profondeur est incroyable et si rare.

Puis, viendra cet instant de grâce, cet axe sacré entre vous, la vie et l’amour, entre vous et vos vestiges et se présentera alors devant vous votre trésor.

Un trésor si rare. Celui de l’amour.

Un trésor proche de votre mise au monde, un trésor en lien au premier cri. Puis, toujours se rappeler que dans nos vestiges se terre ce cri, notre cri et qu’il ne faut pas oublier.

Ce trésor de l’amour, c’est le nôtre. Ce trésor qui nous apprend à faire l’amour à soi et à l’autre.

 Il vient vous toucher la peau, le corps, le cœur et l’âme. Il vous trouble, vous fait trembler au contact de son souffle.

Vous découvrirez sans aucun doute que c’est au trésor qu’il faut faire l’amour. C’est à l’intérieur de votre trésor que naît votre sexualité de l’âme, celle qui vous unit à quelqu’un. 

Celle qui vient toucher la mort et la naissance. Celle qui vient frôler votre sensibilité comme une caresse lente et délicieuse. Ce trésor du silence de l’amour. Cette sexualité sensible qui vous parle enfin.

Quand faire l’amour devient un espace entre toi et moi que nous créons dans un dialogue de ruines et de poussière, dans un dialogue profond, dans une caresse qui me laisse partir peut-être loin de tout.

Il faut alors détruire, oui casser, pour trouver son trésor.

Abattre puis creuser au fond de soi, au fond des autres et atteindre la relation d’amour avec moi, avec toi.

Toucher le sens de l’amour et apprendre à faire l’amour enfin.