J’ai cherché à rendre la vie plus agréable aux autres

J’ai cherché à rendre la vie plus agréable aux autres. Parce que c’était mieux pour moi. Cela m’a permise de me cacher, cela m’a empêchée d’être dans les conflits.

Je me suis camouflée dans les mots des autres, dans les bras de mes relations pour un jour me rendre compte que je n’étais pas moi.

Que je n’étais pas authentique. Que j’aurais pu dire ce que je pensais, mais je n’y suis pas arrivée et j’ai continué à me mentir. Et très souvent alors, je me suis tue. J’ai troublé ma vérité et j’ai montré une drôle de femme.

Les faux-départs de la vie

J’ai tenté maintes et maintes fois de me sauver de ces moments où je me suis sentie tellement à moitié, tellement prisonnière des autres. Les faux-départs de la vie où j’ai cru que j’avançais mais finalement non. Ces esquisses au pinceau qu’on ne termine jamais. Ces frôlements avec son âme qui nous chuchote tant de messages à notre coeur et que nous n’entendons qu’à moitié ou pas du tout.

Les faux-départs de la vie sont fatigants. Ils nous font du mal et nous retirent de notre élan de vie.

Jusqu’à ne plus savoir comment agir, jusqu’à ne plus supporter d’être avec les autres, à ne plus pouvoir les écouter, à les regarder faire et c’est tout.

Et puis se rendre compte qu’on est personne finalement.

J’ai cherché à savoir qui j’étais

J’ai cherché savoir qui j’étais et puis j’ai trouvé qu’on est très souvent un miroir des autres, que le reflet que vous voyez n’est pas le vôtre. Vous vous trouvez belle, moche, ironique, joueuse, le masque terrible d’une mascarade où votre vrai visage n’est pas encore apparu.

Et à ce moment-là quand ça frappe en vous tellement fort en plein coeur, vous décidez de mettre un coup de poing dans le miroir. Vous le cassez. Vous brisez tout, vous changez tout, vous vous choisissez.

Il est temps de couper ce cordon qui vous relie au monde, ce cordon de l’existence dépendante aux autres personnes.

Vous osez vous regarder entièrement et vous devenez quelqu’un.

Vous devenez cette personne plus authentique même si les seules choses qu’on vous dira c’est qu’on ne vous reconnait pas.

On ne reconnaît plus cette femme qui se taisait, cette femme effacée qui se faisait belle pour les autres, qui se faisait gentille pour ne pas blesser.

Et c’est à ce moment précis où on vieillit, où on quitte l’environnement connu, où on coupe ce cordon ombilical avec les idées des autres, avec leurs images de la vie, avec les pensées qu’ils ont de vous.

Vous décidez alors de respirer vraiment tout seul sans autre besoin d’appartenance.

Comme un bébé qui quitte sa maman, à qui on coupe le cordon de dépendance vitale.

Vous quitterez alors des situations qui vous sont chères.

Combien sommes-nous à exister selon les autres, à vivre dans le souffle de l’altérité, à respirer dans l’inspiration et l’expiration de notre environnement sans même connaître son souffle intérieur?

Se trouver enfin

Ce souffle de solitude où plus rien n’est là, juste nous en face-à-face. Et alors on réapprend à respirer, à se trouver enfin.

C’est vrai que les autres, avant la coupure du cordon, nous ont appris tant.

Rien n’est inutile, tout est connaissance, tout est épreuve, tout est apprentissage.

Et ensuite, il est l’heure de les quitter, il est l’heure de ne plus s’occuper des autres.

Il est temps de ne plus rendre leur vie plus agréable.

On est prêt et c’est parti. Devenir entière, une parfaite fugueuse de la vie pour enfin exister.

Devenir sa propre version bienveillante avec soi-même. Sa version sincère et véritable. Être enfin sincère avec son reflet et accepter tout ce que j’ai été, tout ce que je suis, et tout ce que je serai pour enfin laisser les autres s’occuper de leur vie et rendre la mienne agréable.

Se trouver et vivre car chacun porte son coeur dans son monde, car chacun trouve sa guérison.

Moi je la trouve dans l’amour qui guérit, dans le lien, dans la puissance de la relation. Je la vibre dans mon écriture, je la dévoile dans ce que je sais faire de mieux. Et je m’ouvre à une nouvelle version de moi-même à chaque fois.

Nelly