Les traumatismes de l’enfance, une source d’inspiration dans l’écriture.

Les traumatismes de l’enfance, une source d’inspiration dans l’écriture, sont une vérité appartenant à la profondeur de tout écrivain. Chaque auteur cache sa part d’ombre pour oser soit la dévoiler authentiquement au travers du “je” soit au travers de leurs personnages. En tout état de cause, l’enfance est un soleil caché que nous pouvons percevoir dans les oeuvres.

Les secrets troublants de notre cœur.

Les silences qui font mal, les paroles trop fortes, les combats interminables font de chaque homme et chaque femme, un humain unique.

Autant d’histoires personnelles que chacun nous raconterons à notre façon. Certains deviendront des personnages pour des écrivains en proie à la vérité des mots et de l’histoire qui marquera ainsi le lecteur et pour d’autres ces personnages deviendront le miroir d’une âme qui osera se montrer dans la création ou dans la vie. L’inspiration est une voie de l’âme pour l’auteur. Il conviendra d’entamer le dialogue et d’écrire l’entre-deux de la vérité et de l’inspiration et qui fera de l’histoire le chef d’œuvre.

D’un talent authentique à la création d’une histoire, tout le chemin de réalisation d’un auteur est passionnant.

Les traumatismes de l’enfance peuvent -ils créer des personnages troublants pour différents genres littéraires et surtout pour les thrillers psychologiques ?

En quoi un quelque chose de l’enfance ou d’ailleurs, d’un lointain imperceptible et indicible peuvent-ils amener à une densité de l’histoire ? C’est ce que Yolande EGYED nous offre dans son thriller

« Tuez-moi mais ne me haïssez pas. »

Une question apparait alors : Les traumatismes de l’enfance mènent-ils à la rage ?

Serions-nous destinés, en fonction de notre environnement affectif et des expériences vécues, à des pulsions incontrôlables avec lesquelles il faut apprendre à vivre ou non?

En quoi ces traumatismes de l’enfance peuvent-ils devenir des sources d’inspiration pour l’écriture?

Certains enfants grandiront dans la résilience, le cœur en alerte. Ils apprendront avec les autres et certainement avec de l’amour.

D’autres grandiront la rage au ventre.

Tout leur sera insupportable ou presque. Cœur déguisé, pulsion obsessionnelle ou rage parfois calfeutrées, ils finiront par dévoiler la noirceur de l’âme face à ceux qui ne sauront rien, ceux qui seront bêtes, ceux qui seront victimes ou bourreaux.

Les thrillers psychologiques ont cette immédiateté d’écriture inspirée où le personnage doit être crédible dans ses crimes. Ils sont à la fois si profondément humains même dans la mort inacceptable, impardonnable et en même temps si repoussants. C’est une source d’inspiration immense pour l’écrivain.

Une seule faille, une seule explication dévoileront l’âme du personnage. Les découvrir ne sera pas une mince affaire. Car tout naît il y a longtemps dans l’enfance, celle qui a inspiré l’écriture.

Une question subsistera : La rage, la colère sont-elles des mobiles de mise à mort ?

Adelaïde, tueuse en série ne dit rien dans la salle d’interrogatoire.

Dans « Tuez-moi mais ne me haïssez pas », on entre dans la noirceur de l’âme où tout semble être silence. Un silence pesant où aucune réponse ne sera donnée enfin presque.

On entend la rage silencieuse d’un mal éteint peut-être trop vite.

Un traumatisme psychologique où la tête se perd et crée des troubles puissants.

Elle tue c’est certain. D’ailleurs Adélaïde ne nie rien du tout. Elle est là face au commissaire.

Quelle est cette réponse cachée qu’on attend?

Et si devant nous au lieu d’Adélaïde, cette serial killer se trouvait la petite fille.

La petite fille qui ne s’est pas contrôlée car dans la vie rien n’est prévisible ou presque…

Ce personnage aurait-il vécu des traumatismes de l’enfance, des blessures du silence ? Est-ce que ces derniers l’ont elle poussé dans une rage noire jusqu’à la mort ? Peut-on guérir de ces blessures du silence?

A lire:

Les blessures du silence de l’enfance

Les 5 traumatismes de l’enfance

L’enfance crée des traumatismes profonds qui feront de nous des adultes blessés, blessants ou pulsionnels.

Comprendre par conséquent que le passé peut déborder le présent.

Il existe 5 traumatismes de l’enfance :

  • Les maltraitances émotionnelles et physiques
  • L’humiliation verbale
  • Les abus sexuels
  • La présence d’un membre de la famille sous addiction ou malade mental
  • L’abandon parental (divorce, décès, perte, emprisonnement)

Ces traumatismes ont des impacts extrêmement forts sur le développement du cerveau humain. Ils laissent des traces conséquentes prédisposant la personne à des maladies physiques et mentales, des dépressions et des troubles chroniques.

Les traumatismes de l’enfance peuvent jouer un rôle dans nos relations à l’âge adulte et si nous ne faisons rien pour en prendre conscience et donc les amener à une guérison, le face-à-face sera terrible.

Le cerveau et le corps endommagés vont survivre sans cesse. Certains arriveront à une guérison en recâblant leur cerveau grâce à la neurogenèse, mais d’autres seront dans la survie.

Jusqu’où l’enfance traumatisante peut-elle nous emmener et devenir une source d’inspiration ?  Jusqu’où l’écriture bascule-t-elle dans le chaos du personnage ?

Jusqu’à la rage et la mort.

Le chaos, l’imprévisibilité des relations vécus dans l’enfance créent des profils humains pathologiques inquiétants, déroutants et incontrôlables et très puissants comme personnages. L’intelligence, l’émotion, la socialisation, les capacités relationnelles créent une rage au ventre et un cœur mort en apparence. L’écrivain trouve alors toute l’immensité humaine et dramatique à écrire.

La seule vie possible est celle de l’existence particulière dans un monde qui les a laissés dans une sorte de douleur brûlante avec laquelle ils sont restés silencieux et démonstratifs au travers d’une violence intime et salvatrice, une pulsion en soi.

La pulsion est une force biologique inconsciente qui, agissant de façon permanente, suscite une certaine conduite. La source des pulsions est corporelle. C’est un état d’excitation qui amène l’acteur vers un objet ou une personne, grâce auquel la tension sera réduite.

C’est alors que le concept de pulsion de mort d’après Freud peut entrer en jeu. La fixation du trauma en soi, cette compulsion de répétition qui s’apparente à une force démoniaque, irrépressible qui pousse à l’acte. La haine se détachant alors de la rage. La rage pulsionnelle qui assouvit la tension existentielle.

Des traumatismes de l’enfance naissent les noirceurs de l’âme qui assouvissent leur pulsion dans un sentiment de puissance et de contrôle.

Si dans son thriller, Yolande pose l’état d’un personnage honnête en apparence, il n’en demeure pas moins qu’un thriller s’écrit avec le goût des tripes du tueur sans savoir jusqu’où cela mènera. On perçoit la saveur de l’auteur dans des ingrédients allant jusqu’à l’amer, le détestable et l’aimable.

Comment écrit-on un thriller qui fonctionne ?

Écrire un thriller qui fonctionne c’est s’assurer que la peur va dominer tout au long de l’histoire. C’est faire en sorte que le personnage tueur devienne le héros pour qui le lecteur sentira une empathie. Des émotions, des frissons, des surprises et une dose bien existentielle, profondément intime est la clé d’un thriller réussi.

A lire:

Comment trouver sa profondeur intime grâce à l’écriture?

L’auteure de « Tuez-moi mais ne me haïssez pas » prend pour référence Stefen King, romancier américain dont les œuvres mondialement connues ont fait de lui un auteur exceptionnel à plus de 350 000 000 de livres vendus.

Dans son livre « Écriture : Mémoires d’un métier », il donne des conseils d’écriture.

  1. Écrire pour soi
  2. Ne pas se préoccuper des autres
  3. Avoir confiance en soi
  4. Rester fidèle à son propre style

Etc.

Et puis il y a la narration ; le cœur de l’histoire. L’auteure du livre nous donne l’une de ses clés de rédaction au travers d’une phrase qui va nous plonger dans son personnage, son histoire et ses morts.

« Et si jamais… »

C’est le noyau de la narration du point A jusqu’au point Z. On se fonde sur une situation et non une histoire. L’écrivain imagine une scène et ainsi tout découle. Et si jamais il se passait cela ensuite. C’est ça la réalité. C’est un mode de construction qui détourne les règles narratives.

Le récit crée alors une texture, une densité particulièrement réelle. On entre dans l’impression sensorielle avec les personnages.

 Et c’est alors qu’au travers d’une phrase :

« On doit bien mourir de quelque chose. »

dite par un des personnages de l’histoire de Yolande, qu’Adélaïde ira jusqu’à l’extrême!

Déclaration fracassante qui va ramener Adélaïde au cœur d’un mal, au cœur d’une problématique d’enfance, d’adulte et surtout d’une âme noire au vent de l’oubli, au vent d’une véracité devant l’inspecteur qui sera bouleversante.

Si vous voulez vous procurer le livre de l’auteure:

Tuez-moi mais ne me haïssez pas.